Mme Michaëlle Jean en phase avec la communauté d’affaires de Djibouti

01st Fév 2017 Visites officielles

En visite officielle à Djibouti, Mme Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, s’est dite heureuse et satisfaite de la longue et studieuse rencontre qu’elle a eu avec la communauté d’affaires djiboutienne au siège de la Chambre de Commerce de Djibouti.

Mme Michaëlle Jean, patronne de l’organisation internationale de la francophonie a entamé hier une visite officielle de plusieurs jours dans notre pays. Après une première rencontre avec le ministre de la Justice, elle avait rendez-vous avec la communauté d’affaires réunie au siège de la Chambre de Commerce de Djibouti. Et c’est un accueil en grande pompe qui lui a été réservé par le Président de la CCD et ses pairs. M. Youssouf Moussa Dawaleh a d’abord exprimé ses vifs remerciements pour avoir fait honneur à son institution de cette visite historique.

L’occasion aussi d’évoquer et de souligner les partenariats antérieurs avec l’OIF qui ont permis notamment à la CCD de bénéficier d’un projet de renforcement de compétences dans le domaine des marchés publics. Il s’agit du projet AMADE, visant à permettre l’accès des entreprises locales aux marchés publics financés par l’Aide au développement. Un projet qui selon, M. Youssouf Moussa Dawaleh, a permis de «former une centaine d’entreprises Djiboutiennes, l’identification de nombreuses opportunités d’affaires qui furent transmises aux opérateurs concernés et la réalisation de séminaires de sensibilisation sur les opportunités représentées par les marchés publics et les procédures de passation».

Le président de la CCD a ensuite rendu hommage à la nouvelle orientation stratégique de l’OIF qui tend vers une francophonie axée sur le développement économique, l’initiative privée et les échanges d’expériences. Un état de fait confirmé par la rencontre de Mme Jean avec le secteur privé Djiboutien, et qui confirme également l’intérêt de l’OIF pour les relations économiques et commerciales dans l’espace francophone.

Dawaleh a enfin souligné le partenariat fort entre la CCD et les institutions sœurs comme le réseau des Chambres de Commerce Africaine et Francophone (CPCCAF) et l’Union des Chambres de Commerce de l’Océan Indien ainsi que d’autres institutions. Des partenariats qui veulent renforcer la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, mais aussi l’échange d’expériences et de bonnes pratiques pour la structuration des femmes chefs d’entreprises pour qu’elles puissent participer aux associations et réseaux des femmes d’affaires francophones au niveau international.

En réponse, Mme Michaëlle Jean a longuement et chaleureusement remercié le président de la CCD. Elle a embrayé sur ses propos en rappelant que l’OIF représente «84 États et gouvernements sur les 5 continents», ce qui représente «une immense étendue et donc des possibilités de partenariat, de réseaux, de débouchés et d’investissement, notamment pour les entrepreneurs». La patronne de l’OIF a assuré que «Djibouti avait en effet toute sa place dans l’espace francophone, dans cette mondialisation qui se fait et se vit aussi en français et dont votre pays est l’une des plateformes régionales».

Aussi, a poursuivi Mme Michaëlle Jean, «l’appartenance de Djibouti à l’espace francophone doit-elle être vue comme une chance pour envisager des stratégies qui permettent de développer de nouvelles filières, de renforcer ou de créer des champs de compétences, d’établir des partenariats gagnant-gagnant». Car, a-t-elle insisté, «c’est une opportunité tout aussi précieuse que sa situation géographique dans le golfe d’Aden».

Sur ce, elle a annoncé que « trois des pôles d’actions phares sont liés à des stratégies que la Francophonie porte avec conviction : une stratégie économique, une stratégie numérique et une stratégie jeunesse».  Elle a déclaré que le secteur politique, l’éducation et la formation et enfin la culture restent aussi des axes de travail essentiel pour l’OIF selon ses propos.

Concernant les  stratégies économique et numérique , l’OIF rassemble depuis 2 ans, des acteurs économiques, et met sur pied et intensifie un important programme d’incubateurs et  d’accélérateurs d’entreprises dans différentes filières innovantes dans le but d’aider les jeunes et les femmes entrepreneurs à structurer leurs plans d’affaires, à amener leurs initiatives économiques, TPE, TPI, PME, PMI, à une autre échelle, pour les sortir de l’informel, pour déboucher de manière plus compétitive sur des marchés existants dans l’espace francophone.

L’OIF souhaite aussi aider les entrepreneurs à renforcer leurs capacités et à évoluer dans des contextes sécurisés, gage de confiance pour les investisseurs, en travaillant à l’amélioration de l’environnement des affaires.

Mme Michaëlle Jean a assuré que la Francophonie se mettait au service des entrepreneurs djiboutiens pour apporter l’accompagnement nécessaire et faciliter les démarches des acteurs économiques qui en ont besoin et qui le souhaitent. «La Francophonie se met à votre service pour créer des passerelles et impulser des synergies entre les pays et les acteurs économiques» a-t-elle martelé entre autres.

Au cours de la rencontre, Mme Michaëlle Jean a suivi un exposé sur l’histoire, les rôles et missions et les actions de la CCD présenté par Mme Idil Aden Robleh, directrice du centre de formation. Elle a également écouté avec attention et passion, les réflexions de la communauté d’affaires sur les différents défis socioéconomiques qui se posent et les apports que l’OIF pourrait apporter aux milieux d’affaires djiboutiens. Et les réponses enthousiastes ainsi que l’expression de sa bonne volonté et sa pleine disposition à accompagner le secteur privé djiboutien ont ravi plus d’un dans la salle. C’est dans cette ambiance chaleureuse que M. Rifki Abdoulkader Bamakhrama, ancien ministre et artiste-peintre, s’est fait un plaisir d’évoquer le travail artistique à Djibouti avant d’offrir un livre rassemblant les œuvres miniaturisées issues de ses albums et son répertoire.

A l’issue de cette fabuleuse rencontre, rendez-vous a été pris pour honorer les engagements pris en commun et entamer le travail de partenariat privilégié entre la CCD et l’OIF.

MAS – Journaliste de la Nation – Article publié dans La Nation du 1er février 2017.